édito

Un climat fiscal et social délétère

Marc Sanchez

Depuis maintenant trois semaines, il est difficile sinon impossible d’échapper au mouvement des gilets jaunes. Les chaines d’information continue et les éditions spéciales des médias traditionnels évoquent chaque jour les manifestations et blocages dans les régions, avec en point d’orgue les dégradations hebdomadaires sur Paris.

Grâce à ses adhérents et à ses délégués sur le terrain, le SDI avait anticipé, non pas ce mouvement tel qu’il existe à ce jour, mais le trop plein de fiscalité, de normes, de contraintes administratives qui pèsent sur nos activités et font que nous devons travailler plus pour gagner moins.
Les réponses fournies à notre enquête sur la fiscalité locale lancée quelques temps avant les gilets jaunes étaient particulièrement claires sur l’état d’esprit d’un grand nombre de professionnels indépendants : des taxes toujours plus élevées pour des contreparties de moins en moins tangibles ; une injustice fiscale face aux géants des plateformes du e-commerce ; une dégradation des conditions d’exercice du commerce en centre-ville face au développement des grandes surfaces commerciales de périphérie.

La lecture de la liste des revendications des gilets jaunes (ou certains d’entre eux seulement au constat de l’absence de représentation unique à ce stade) pointe un certain nombre de convergences avec celles des professionnels indépendants : cesser les constructions de mètres carrés commerciaux en périphérie des villes petites et moyennes ; absence de mise en place du PAS ; suppression des commissions carte bleue pour les commerçants ; alignement des droits entre les salariés et les professionnels indépendants.

De fait, le principe de ce mouvement mérite d’être soutenu, avec cependant toutes les nuances et réserves qu’il convient d’y apporter, bien qu’elles soient difficilement audibles à ce jour.
Ainsi, la défense du commerce de proximité passe par le libre accès aux dits commerces, par leur capacité à recevoir leurs livraisons de marchandises en temps et en heure, notamment en ces périodes de fêtes. Cette prise en compte des TPE s’entend aussi d’une stabilité sociale exempte de toute agression et autres dégradations de la voirie publique, du mobilier urbain, et bien évidemment des vitrines, qui font fuir la clientèle.

Il appartient au gouvernement de prendre ses responsabilités dans un équilibre nécessaire entre l’étude sérieuse des revendications, y compris celles portées par le SDI qui concernent les TPE, et le maintien d’un ordre public autorisant la poursuite de nos activités dans un climat serein.

Remplir la première condition revient en fait à remplir la seconde.

Marc Sanchez
Secrétaire Général

focus

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